Un tourisme plus durable, un tourisme de proximité ?

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Le 27 septembre était la Journée Mondiale du Tourisme, dédié cette année au « Tourisme et développement rural ». Le contexte exceptionnel dans lequel nous vivons nous pousse à réfléchir sur les pratiques du tourisme et sur l’investissement de l’Avitem dans ce secteur à la fois fragile et fondamental pour le développement des territoires méditerranéens.

La pandémie mondiale, qui a lourdement touché tous les secteurs de l’économie, a eu un impact particulièrement sévère sur le tourisme.

Le blocage total des déplacements et l’arrêt soudain de toute activité d’accueil, de loisirs, de promotion culturelle ont engendré des pertes économiques et d’emplois considérables. L’Organisation mondiale du tourisme des Nations Unies estime que 100 à 120 millions d'emplois dans le secteur du tourisme sont menacés. La crise a également mis en danger les initiatives pour la protection du patrimoine culturel et naturel, avec la chute soudaine des revenus liés au tourisme.

Néanmoins, ce contexte compliqué peut représenter un terrain favorable pour expérimenter et tester des approches plus durables du tourisme à plus grande échelle. Plusieurs innovations ont vu les jours dans les derniers mois, de la digitalisation des visites de musées et autres sites touristiques jusqu’aux plateformes open data pour sécuriser ses déplacements, comme evitecovid.fr

Par ailleurs un nombre important de destinations ont adapté leur stratégie de communication en misant sur le tourisme de proximité, comme le montre l’exemple de la Normandie : 

Selon le bilan de la saison touristique 2020 présenté début septembre au conseil des Ministres, 94% des français qui sont partis en vacances  ont choisi de rester en France, en privilégiant un tourisme de proximité, la recherche de nature et de grands espaces.

Le tourisme local, le tourisme rural, la montagne vont-ils s’affirmer comme des nouvelles tendances, même dans l’après-crise ? Comment anticiper les risques environnementaux et sociaux d’un développement soudain d’un tourisme plus orienté vers les grands espaces et la nature ?  Les villes d’art vont-elles devoir réinventer leur modèle économique ?

Les questionnements foisonnent et l’espace pour l’innovation et la créativité en ressort dilaté, élargi. Comme certains experts les préconisent, c’est le moment d’oser et de (ré)inventer. Le Manifeste de l’ATD (Acteurs du Tourisme Durable) propose quatre axes de développement d’un nouveau tourisme post-Covid : Sobriété carbone et préservation environnementale ; Entraide, solidarité et justice sociale ; Retombées économiques locales ; Tourisme de sens.

A l’Avitem nous sommes investi.e.s depuis plusieurs années dans des projets et des expérimentations pour promouvoir et soutenir un tourisme plus durable. Avec le projet Prometea, nous avons travaillé sur l’agrotourisme et l’enjeu qu’il représente pour le développement territorial de notre région. Avec Herit-Data, nous testons des solutions technologiques basées sur les big data, afin de mieux gérer les flux touristiques et contribuer à lutter contre le surtourisme.

Dans les sillons de ces projets et dans un esprit d’expérimenter de nouvelles approches, nous nous penchons aujourd’hui sur le potentiel des sciences comportementales appliquées au tourisme.  Nous sommes convaincu.e.s que ces approches peuvent jouer un rôle important pour repenser les stratégies de gestion des flux touristiques et de promotion des destinations, dans l’optique de limiter la pression du tourisme sur l’écosystème et sur les communautés résidentes. Concrètement, nous travaillons actuellement à un benchmark sur les pratiques existantes et sur le montage d’un nouveau projet avec un consortium d’experts européens en économie comportementale, innovation publique et psychologie sociale.

Pour en savoir plus :

Giulia David – Chargée de projets