"La Méditerranée du Futur - Acte 2 : jeunesse et innovation"

Vous êtes ici

Consacrée à la jeunesse et à l'innovation, la conférence "La Méditerranée du Futur -Acte 2" a permis à l'AVITEM de mettre en avant "les jeunes bâtisseurs de la Méditerranée" sur deux séquences successives : le lancement d'une coopération inter-universitaire entre Tétouan et Marseille le 12 novembre, puis la tenue d'un atelier dans le cadre de la conférence du 13 novembre, consacré aux jeunes et à la ville.

Atelier interuniversitaire du 12 novembre.

15 étudiants et professeurs des Ecoles Nationales d'Architecture de Rabat et Tétouan rencontrent les étudiants et professeurs de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture, l’Ecole Nationale supérieure du Paysage, l’Institut d’urbanisme régional de Marseille pour une collaboration qui durera deux ans;

 

La Méditerranée se construira par et avec les jeunes ! C’est ce qu’ont exprimé avec force et de concert les étudiants marocains et français réunis à l’occasion de la seconde rencontre de la « Méditerranée du Futur » pour le lancement d'un atelier inter-universitaires de deux ans. Ensemble, ils étudieront les territoires, les cartographieront, créeront des récits et surtout des projets pour accompagner la mutation des territoires méditerranéens vers plus de solidarité, de soutenabilité, de respect des ressources mais aussi d’intégration à l’espace mondial.

 

Ainsi les thèmes de recherche seront multiples et pluridisciplinaires : la ville informelle, la spécialisation touristique, les conditions d’une ville littorale durable avec comme application le barreau côtier à l’est de la Région de Tanger-Tétouan, un espace à enjeux majeurs, carrefour de deux continents, au croisement de flux maritimes et terrestres et en plein développement économique. Localement un réseau d’acteurs locaux, fortement mobilisé accompagnera la démarche les élus, leurs équipes techniques mais également des acteurs privés, notamment des grandes entreprises internationales du tourisme.

 

L’AVITEM a été l’initiateur et l’ensemblier de cette initiative, en cohérence avec son rôle d’acteur de la coopération méditerranéenne française et de son objectif de développer une expertise urbaine, en partenariat avec des acteurs régionaux, notamment de l’enseignement supérieur –recherche. D’autres ateliers sont en préparation, avec le soutien essentiel de la Région SUD Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui par cette initiative confirme sa place universitaire et sa position méditerranéenne en offrant à des jeunes une expérience collective et à n’en pas douter à participer à l’enjeu de la ville durable en Méditerranée, celle résiliente au changement climatique, celle de la cohésion sociale et celle du développement.

 

Conférence "La Méditerranée du Futur - Acte 2" du 13 novembre : atelier sur les jeunes bâtisseurs organisé par l'AVITEM.

« Que nous soyons urbaniste, architecte ou paysagiste, nous sommes citoyens avant tout. Ces métiers sont ceux de médiateurs qui manquent peut-être encore entre les décideurs locaux et les habitants. Ils jouent ainsi le rôle d’interface entre des acteurs qui ont du mal à communiquer entre eux ».

 

L’Acte II de la Méditerranée du Futur a souhaité laisser libre la parole des jeunes. Ici, Claire Ceone, étudiante en master à l’Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional, exprimait ses réflexions sur son futur métier, tandis que sa collègue marocaine de l’Ecole Nationale d’Architecture de Tétouan, Ouissame El Asri, a voulu mettre en exergue les points de convergence et de dissemblance entre Marseille et Tétouan.

 

Responsabilité citoyenne, place des jeunes dans la ville, et rôle de l’outil numérique dans l’engagement citoyen, ont été les thématiques fortes que l’atelier de l’AVITEM a portées le 13 novembre à la Villa Méditerranée à l’occasion de l’Acte II de la Méditerranée du Futur.   

 

La responsabilité citoyenne de l’habitant, celle du professionnel ou encore celle du décideur, sont au centre des réflexions sur la conception et la construction de la ville méditerranéenne de demain. Ahmed Nouh, président de la fondation Amidoul à l’origine de la création de l’éco-cité Ksar Tafilelt dans la région de Ghardaïa, insiste sur cette notion d’engagement citoyen. A travers une gestion participative de la ville, l’éco-cité forme les plus jeunes à cultiver un esprit de citoyenneté qui permettra à ces générations futures de s’approprier leur ville. Cette responsabilité citoyenne peut être facilitée par le numérique, véritable outil de gouvernance.

 

Cécile Monière, co-fondatrice du Laboratoire d’Intelligence Collective et Artificielle, insiste sur la capacité des nouvelles technologies à permettre aujourd’hui d’informer, de débattre, de co-décider, et surtout de rétablir le lien entre autorités publiques et habitants. Outil de promotion de la démocratie participative, instrument de dialogue entre décideurs et citoyens, le numérique est au cœur de la ville méditerranéenne de demain.

 

Hugues Parant, Directeur Général de l’EPA Euroméditerranée, a partagé sa vision de la ville du futur : mixte, connectée, elle place les jeunes au centre de ses usages. Elle incarne un espace où le numérique, les énergies durables, et l’action sociale sont au centre des préoccupations des aménageurs. Les jeunes sont au cœur d’une révolution technologique, sociale et environnementale qui a déjà commencé et la ville de demain ne se construira pas sans une analyse fine de ces changements profonds. Le dialogue entre ceux qui vivent la ville et ceux qui la construisent doit ainsi être renforcé.

 

C’est la raison pour laquelle Hakim Charkaoui, Directeur de l’Ecole Nationale d’Architecture de Tétouan, insiste sur le rôle social des jeunes architectes. Formés à observer et à savoir traduire la complexité des contextes locaux dans lesquels s’inscrivent les projets d’aménagement, les jeunes architectes devront se positionner en véritable médiateurs qui sauront faciliter les échanges et l’écoute entre habitants et décideurs. Ces jeunes professionnels permettront la co-construction de la ville méditerranéenne de demain qui devra être inclusive, durable, et qui replacera les usages et la vie de ses habitants au centre de ses préoccupations.

 

Marie Baduel - Pierre Massis