La biodiversité, plus que jamais une priorité pour les villes et territoires de la Méditerranée

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Il y a un an, l’AVITEM organisait à Marseille un atelier dédié à la biodiversité dans les villes méditerranéennes[1]. Un an et une pandémie après, la démarche de l’Agence reste centrée sur cette évidence que la résilience de nos villes, de nos modes de vie et plus largement, de nos civilisations est entièrement dépendante des écosystèmes qui les entourent. Ainsi, plus de 40% de l’économie mondiale repose sur des services fondés sur la nature : un sol fertile, de l’eau en quantité, de l’air de qualité, la pollinisation, etc. Rares sont les entreprises qui se posent vraiment la question de savoir comment leur économie dépend véritablement de ces services, fondés sur la nature et qui sont terriblement malmenés : 60% des écosystèmes qui portent ces services fondés sur la nature sont aujourd’hui menacés[2].

 

Cet atelier mettait en évidence, combien il est impensable aujourd’hui de dissocier les enjeux d’urgence climatique[3] et d’urgence environnementale, les deux étant intrinsèquement liées et impactent la ville méditerranéenne. 

 

En ville, peut-être plus qu’ailleurs, l’attention portée sur la biodiversité est fondamentale, car au-delà des nombreux services qu’elle rend aux citadins, nous savons maintenant que de multiples accidents, tels que les épidémies, peuvent être atténués voire évités[4] grâce au maintien d’une biodiversité dynamique et renforcée. Il devient alors possible de faire de la biodiversité un facteur d’attractivité pour la ville car, en même temps que le paysage, élément important d’attractivité, c’est toute l’économie de la ressource, l’eau, la biodiversité, l’agriculture, l’air, qui est aujourd’hui un élément structurel majeur d’une construction urbaine et économique de la ville[5].

 

La biodiversité peut être de fait un véritable levier en termes d’attractivité territoriale, et notamment la biodiversité urbaine. Les savoirs, les savoir-faire et les moyens existent pour agir.  A travers le travail des spécialistes et des experts scientifiques, le temps est venu de sortir des «silos», de faire remonter systématiquement ces questions dans les politiques politiques, et de les intégrer dans la mise en œuvre des projets.

 

En cohérence avec la thématique de la Journée mondiale de la diversité biologique, « Nos solutions sont dans la nature » du 22 mai 2020, l’AVITEM s’est employée à porter la réflexion des solutions fondées sur la nature dans les villes méditerranéennes en proposant et soutenant une résolution qui a été adressée à l’UICN et acceptée pour examen et validation lors de son prochain Congrès mondial (janvier 2021 à Marseille). 

 

  • [1] Voir : http://amenageurs-med.org/
  • [2] Antoine Cadi, CDC Biodiversité
  • [3] Le GIEC fixe à 12 ans l’horizon pour modifier profondément les modes de production, de consommation, d’aménagement, et inverser les tendances actuelles.
  • [4] Près de  60 % de toutes les maladies infectieuses chez l'homme sont des zoonoses, c'est-à-dire qu'elles sont contractées par l'intermédiaire des animaux ? Par ailleurs, 75 % de toutes les maladies infectieuses émergentes sont également des zoonoses. Les facteurs de l'émergence des zoonoses sont notamment les changements dans l'environnement, généralement le résultat d'activités humaines.
  • [5] Marie Baduel – Directrice stratégie à l’AVITEM