Un appel à projets pour favoriser l'agriculture urbaine dans les quartiers en renouvellement urbain

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L'Agence nationale de rénovation urbaine (Anru) a lancé le 24 janvier 2020 un appel à projets pour soutenir l'agriculture urbaine dans les quartiers du Nouveau Programme national de renouvellement urbain (NPNRU). Organisé en plusieurs vagues, l'appel à projets ambitionne de soutenir à terme quelque 100 quartiers.

 

Concilier rénovation et agriculture urbaines. C'est l'objectif de l'appel à projets lancé par l'Agence nationale de rénovation urbaine (Anru) le 24 janvier 2020. Son ambition est de soutenir à terme la mise en culture de 100 quartiers du Nouveau Programme national de renouvellement urbain (NPNRU), à partir de plusieurs vagues lancées à compter de 2020. Il s'agit d'accompagner des projets d'agriculture urbaine, de les amorcer, concrétiser ou accélérer et amplifier. Des projets qui représentent une opportunité pour créer des emplois locaux tout en soutenant des formes variées d'agriculture urbaine.
 

L'Anru a été mandatée à l'été 2019 par le ministre en charge de la Ville et du Logement, Julien Denormandie, pour engager une réflexion sur les conditions d'un déploiement plus massif de l'agriculture urbaine dans ces 450 quartiers en renouvellement urbain. L'Anru accompagne aussi la mise en œuvre d'actions du Programme d'investissements d'avenir (PIA) en faveur de l'innovation urbaine et sociale, au service de la transition écologique des quartiers. 121 millions d'euros de subvention issus des actions "Ville durable et solidaire" (PIA 2) et "Territoires d'innovation" (PIA 3) soutiennent ainsi depuis 2016 une trentaine de projets d'expérimentation dans des quartiers d'intérêt national du NPNRU.

Un guide pour les démarches d'agriculture urbaine

Le groupe de travail "agriculture urbaine", installé en 2018, qui réunit les lauréats des appels à manifestation d'intérêt concernés et les territoires du NPNRU intéressés par le sujet a abouti à l'élaboration d'un guide mettant en avant les spécificités de l'agriculture urbaine dans les quartiers en renouvellement urbain et présentant ses grandes thématiques (modèle économique, montage juridique et foncier, écosystème d'acteurs, problématiques techniques en milieu urbain) et la manière de les traiter.

Le document présente quelques exemples comme la microferme de Marseille, le Paysan urbain. Déjà implanté à Romainville (quartier prioritaire de l'Horloge) en région parisienne, le projet a développé ses activités depuis 2018 dans le quartier de Saint-Jérôme, dans le 13e arrondissement de Marseille. Le Paysan urbain cultive des "micropousses" (plantes comestibles jeunes présentant une forte concentration de nutriments), une production à haute valeur ajoutée vendue en circuit court, tout en permettant l'insertion de personnes éloignées de l'emploi.

Autres exemples : les fermes urbaines multiservices et multisites à Grande Synthe (Nord). Il s'agit d'un projet pilote à l'échelle de la communauté urbaine de Dunkerque qui vise à promouvoir une alimentation locale et durable sur le territoire. Pour l'heure, la part de l'agriculture biologique y est très faible (175 exploitations, et seulement six en bio). Le projet regroupe une production maraîchère biologique sur des surfaces limitées (de 2 à 3 hectares) en circuit court de proximité, dans la perspective d'approvisionner en partie la restauration collective locale. Il comporte un volet formation/qualification aux techniques agricoles alternatives et une fonction pédagogique tout public, autour de l'agriculture urbaine et de l'alimentation durable.

L'agriculture urbaine, une réponse aux dysfonctionnements urbains des quartiers ?

"L'agriculture urbaine peut constituer un levier de réponse aux dysfonctionnements urbains des quartiers (désenclavement, déploiement de services de proximité…)", détaille l'appel à projets, précisant qu'il s'agit aussi de donner à ces projets une nouvelle dimension plus ambitieuse sur le plan économique, social et environnemental, dont l'agriculture pourrait être le point de convergence.

Pour la première vague de l'appel à projets, la date limite de dépôt des dossiers est en juin 2020. D'autres vagues sont envisagées, qui seront annoncées progressivement.

L'appel à projets s'adresse aux collectivités territoriales menant des projets de renouvellement urbain dans le cadre du NPNRU, qu'ils portent sur des quartiers d'intérêt national ou régional, et à tout autre opérateur, sous réserve de la formalisation d'un partenariat avec la collectivité portant le projet NPNRU. Il est demandé à ce que le candidat, quel qu'il soit, mobilise un partenariat structurant autour de la proposition émise, associant les compétences spécifiques liées aux pratiques agricoles (professionnels et acteurs de la formation et de la recherche). Il doit aussi associer les habitants dès la phase de conception.

Les projets lauréats bénéficieront d'un appui technique et opérationnel, individuel et collectif, et d'une aide financière pour le co-financement d'études et missions d'ingénierie, d'investissements et de dépenses de personnel. En revanche, aucun montant précis n'est mentionné. Seule indication : "Les 40 milliards d'euros d'investissement générés dans les 450 quartiers donneront lieu à des projets urbains d'ampleur offrant des supports souvent inédits de végétalisation et de mise en culture."

Les projets seront sélectionnés selon l'ambition du projet d'agriculture urbaine proposé, son articulation avec le projet urbain, la richesse du partenariat proposé et les compétences mobilisées, ainsi que sur le niveau de maturité de la démarche et son caractère innovant.

 

Pour en savoir plus sur l'appel à projets

Source : Banque des terrioires