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Avitem

LETTRE D'INFORMATION
NOVEMBRE 2017

Zoom du mois

Objectif "ZéroCO²" : l'avenir de la planète est à nos portes

 

Après le projet ELIH-Med (Interreg MED, 2011-2015), l’AVITEM poursuit son engagement pour l’efficacité énergétique des bâtiments avec le projet ZéroCO2 (Interreg EUROPE, 2016-2020). Grâce à la coopération interrégionale, les partenaires se mobilisent pour atteindre les objectifs européens de réduction des émissions à hauteur de 20% d’ici 2020, c’est-à-dire réduire les émissions liées au secteur du bâtiment.

Etat des lieux

 

Les récents événements de Saint-Martin, la Dominique et la Guadeloupe (1) rappellent l’urgence du réchauffement climatique et la necessité de réduire nos émissions de gaz à effet de serre (GES). En effet, dès 2016, une étude mentionnait ces territoires parmi les plus exposés aux conséquences du réchauffement climatique, en particulier à l’élévation du niveau de la mer (2).

Les émissions de gaz à effet de serre d’origine anthropique sont composées à 70% de dioxyde de carbone (CO2), principalement issu de l’utilisation de l’énergie par combustion. En France, le secteur du logement, gros consommateur d’énergie, représente à lui seul 27% de l’empreinte carbone nationale, ce qui en fait le secteur le plus émissif, devant les transports. A l’échelle planétaire, le secteur de la construction est responsable à lui seul d’un volume d’émissions de gaz à effet de serre équivalent à celui de la Chine, le plus gros producteur de GES avec 20% des émissions totales.

Selon un rapport du réseau mondial World Green Building Council (WGBC) publié le 31 mai 2017, le secteur du bâtiment, comprenant les industriels, les commerciaux et les résidentiels, doit être entièrement neutre en carbone d'ici 2050 pour espérer atteindre les objectifs de l'accord de Paris sur le climat, soit limiter le réchauffement à 2°C. Aujourd’hui, 1% seulement des bâtiments dans le monde sont « zéro carbone ».

 

Le secteur du bâtiment et la nécessaire transition énergétique

 

L’Europe, troisième émetteur mondial de CO2, a produit une directive en ce sens depuis 2012, qui obligent les États membres à adopter une stratégie claire pour l’amélioration des performances énergétiques dans les bâtiments. Elle donne pour objectif que, dès 2020, tous les nouveaux bâtiments soient à énergie zéro (NZEB pour Nearly zero-energy buildings), et que leur consommation d’énergie tende vers des émissions de CO2 proches de zéro (NZCO2EB pour near zero CO2 emission buildings due to energy use).

Les objectifs sont posés, mais les mises en œuvre sont à la charge de chaque pays. L’objectif du projet ZEROCO2 est d’aider les acteurs régionaux à définir leur stratégie d’amélioration environnementale du secteur du bâtiment, pour réduire leurs émissions de CO2 et accélérer leur transition vers le développement durable. Cela consiste par exemple à contribuer à identifier les normes d’un modèle de bâtiments à zéro émission de CO2 qui n’a pas été défini par ailleurs. Il étudie et promeut ce modèle dans les pays partenaires – la Slovénie, la Grèce, l'Italie, la Lituanie, Malte, l'Allemagne, la Finlande et la France.

 

De l’échelle régionale à l’approche transrégionale

 

Si la directive témoigne d’un consensus européen, chaque pays rencontre des obstacles différents pour la mettre en œuvre. Par exemple les ressources disponibles sont inégalement réparties. Si la biomasse est utilisable partout, le solaire est plus efficace dans les pays méditerranéens, l’hydraulique est approprié à la Slovénie, l’éolien à la Finlande, etc. Les conditions socio-économiques, l’existence de politiques publiques d’accompagnement et les différentes mesures d’appui sont aussi des facteurs d’accélération, ou de ralentissement, de la réalisation de la stratégie. Les coûts peuvent être très différents d’un pays à l’autre. Un chauffe-eau solaire individuel qui coûte 700€ en Grèce en coûtera 1500 à Malte et 2500 en France. Les conditions d’installation peuvent également varier selon les contraintes locales, comme celles imposées par l’Architecte des Bâtiments de France.

À travers la coopération interrégionale, les régions identifient, partagent et transfèrent des méthodes, des technologies, des processus et des bonnes pratiques, qu’elles concernent les nouvelles constructions ou la rénovation des bâtiments existants. Au cours du projet, des alternatives émergent en matière de sources d’énergie et de technologies qui peuvent être utilisées à l’échelle locale, régionale et nationale, qui contribueront à diminuer les émissions de CO2, tout en soutenant le développement régional. Le projet ZEROCO2 contribue ainsi à atteindre les objectifs européens de réduction des émissions à hauteur de 20% d’ici 2020.

 

En PACA

 

Depuis le lancement du projet ZEROCO2 en avril 2016, l’AVITEM a rencontré plusieurs organismes privés et publics du secteur du bâtiment afin de mieux comprendre leurs objectifs et de faire remonter les principales recommandations lors de trois ateliers locaux organisés à Marseille. Trois études ont été menées : sur l’utilisation des énergies renouvelables, sur l’analyse des forces et faiblesses des politiques publiques, et sur les technologies applicables et rentables en région PACA au regard de différent critères – économiques, techniques, d’usage, politiques et sociaux.

En région PACA, l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments passera par exemple par l’utilisation de technologies pour réduire la consommation d’énergie et les effets des îlots de chaleur urbains, et des incitations à la rénovation sous forme d’avantages financiers. D’autres mesures de promotion du concept de « bâtiment ZEROCO2 » sont actuellement à l’étude.

 

Politique énergétique : un engagement de longue date pour l’AVITEM

 

A travers son partenariat dans ce projet, l’AVITEM poursuit son engagement pour l’efficacité énergétique, initié dès 2011 avec le projet ELIH-Med. Ce projet Interreg MED consistait à expérimenter à grande échelle des solutions de financement rentables pour encourager les investissements dédiés à l’efficacité énergétique dans les logements sociaux ou à destination des ménages en situation de précarité énergétique. ZEROCO2 élargit son territoire d’étude à l’Europe et ses diversités socio-économiques et climatiques, ses cibles à l’ensemble des habitants, et son expertise à des aspects non seulement politiques et financiers, mais aussi techniques, sociaux, économiques.

 

Le projet ZéroCO2 : les actions à venir

 

Les prochaines étapes éditoriales du projet consistent à rassembler les bonnes pratiques, et mener une étude de marché. D’un point de vue opérationnel, un plan d’action sera défini et mis en œuvre durant la seconde phase du projet (2018-2020) en concertation étroite avec le Conseil Régional PACA. Plusieurs événements, dont une conférence de presse à Séville, se dérouleront dans les territoires partenaires pour diffuser leurs résultats. Une conférence internationale se tiendra également en Slovénie en mars 2018 où l’ensemble des résultats du projet seront présentés.

 

(1) Ouragans, septembre 2017 (2) Spécialisation touristique et vulnérabilités. Réalités et enjeux pour le développement soutenable des petits territoires insulaires, sous la direction de Jean-François Hoarau, L’Harmattan, 2016

 

Candice le Tourneur et Charlotte Yelnik

 

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29/11/2017


Conférence des "Dialogues de l'urbain" au Mucem


03/12/2017


3ème séminaire du cycle 2017 organisé à Hambourg


14/12/2017


3ème Groupe Transnational de MADRE à Bologne


15/12/2017


1ères rencontres de la Maison Méditerranéenne du Climat


07/02/2018


Forum Medports


Tout l'agenda

Pour aller plus loin

1) Le Déméter 2018, ouvrage de prospective sur l’agriculture et l’alimentation dans le monde, est disponible !

Grâce à des contributions issues d’horizons géographiques et professionnels différents, cette 24ème édition du Déméter propose cette année :

  • Une géopolitique inédite des huiles végétales. Un marché en pleine expansion dominé par le complexe agroindustriel du palmiste et du soja, avec des productions de niche comme le cocotier et l’huile d’olive. Mais des huiles confrontées à de multiples controverses, tant sur le plan nutritionnel que sur celui de la durabilité des systèmes. Un débat complexe éclairé par des contributions de scientifiques, d’acteurs de la société civile et d’institutions internationales.
  • Un panorama sur les mondes du vin. Illustration des défis entre globalisation économique et cultures locales, la viticulture poursuit son développement et innove sans cesse. Comprendre l’évolution des marchés, s’interroger sur la compétitivité des vins français et découvrir l’appétit croissant des Chinois pour les caves bordelaises : telles sont les lectures à faire dans cet ouvrage !
  • Un dossier sur la gestion du stress en France, au niveau hydrique tant s’amplifient les enjeux sur l’eau agricole dans le pays, mais aussi au niveau juridique avec l’émergence de la notion de "propriété commune" dans le droit de l'environnement. Deux dimensions stratégiques pour les agriculteurs et les différentes filières à explorer dans ce Déméter !​
  • Comme chaque année, Le Déméter complète ses analyses par de nombreuses infographies et des statistiques essentielles pour se repérer au milieu des dynamiques agricoles, alimentaires et géoéconomiques à l’œuvre dans le monde.

 

Disponible sur https://www.clubdemeter.com/fr/le-demeter/article/11339 - Télécharger le flyer

 

2) Lancement du livre « Agriculteurs Urbains », Guillaume Morel-Chevillet

 

Du balcon à la profession, découverte des pionniers de la production agricole, et horticole, en ville. Dans le cadre de la mission « Quelles perspectives pour la filière du végétal face à l’essor de l’agriculture urbaine ? », ASTREDHOR lance aujourd’hui l’ouvrage « Agriculteurs Urbains » aux Editions France Agricole. Il a été dirigé par Guillaume Morel-Chevillet, responsable végétal urbain pour l’Institut.

 

Ce livre présente, pour ceux qui les pratiquent ou qui veulent se lancer, les multiples formes d’agricultures urbaines, ou comment à partir d’initiatives individuelles de production agricole en ville, s’y développent de nouveaux métiers, les agriculteurs urbains. C’est aussi l’occasion unique pour les producteurs horticoles, les maraîchers et les paysagistes de comprendre et de s’investir dans ces nouvelles pratiques de nature en ville. Car d’une tendance, l’agriculture urbaine est maintenant une réalité dans le monde.

 

Ce livre a été promu lors de la Première édition des Journées des Agricultures Urbaines en Méditerranée co-organisée avec un collectif d’acteurs locaux et le projet Interreg MADRE.

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