Bernard Valero de l’AVITEM : les ambitions de l’après-Villa Méditerranée

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Quand est-ce que la Villa Méditerranée doit fermer * ?


Bernard Valero : On arrête les activités le 1er décembre et la cessation de la gestion de la Villa Méditerranée par l’AVITEM vient à expiration le 31 décembre.



 

Depuis combien de temps vous gériez le site ?


B.V : Cela faisait trois ans. Précédemment c’était la Région qui gérait en direct via certains de ses opérateurs. C’est une époque je n’ai pas connue

 

Quel est le bilan que vous tirez de cette période à la tête de cet équipement controversé ?


 B.V. : Ce que je tiens à dire, c’est deux choses. Pendant toute la période où l’on eu la responsabilité des activités dans ce bâtiment sur financement régional, nous avons fait de belles manifestations, on a accueilli de très nombreux événements et nous avons fait en sorte qu’il y ait une ligne en matière de fonctionnement et de nature des activités. Que ce soit pour relier le territoire, la ville et la région à la Méditerranée et à ses différentes thématiques. Il suffit de passer en revue toutes les activités qui se sont succédées pour le vérifier. Chaque année nous avons travaillé avec des dizaines d’acteurs de la ville et des territoires. Et nous avons accueilli en moyenne plus d’une centaine d’événements. Il y a encore eu beaucoup de monde pour le sommet Méditerranée du Futur le 21 novembre, avec plus de 1000 personnes. Deuxièmement, cette phase de désarrimage de la Villa vis-à-vis de l’AVITEM, cela fait plus de six mois que l’on y travaille. Au niveau des marchés, au niveau budgétaire, au niveau ressources humaines, etc, et là ce que je dois dire, c’est que dans cette phase complexe, l’attitude et la conduite des opérations du côté de la Région a été exemplaire. Je tiens à le dire, car c’est une vraie conviction et je suis bien placé pour le savoir. Je l’affirme encore : la Région dans cette période a été totalement exemplaire.

 Quant au projet qui suivra, la réplique de la Grotte Cosquer, que ce soit sur sa nature ou son modèle économique, cela me parait à tous égards pertinent.

 

Notamment pour les salariés ?



B.V : En particulier en effet pour le reclassement de tout les personnels. Il y a avait entre 25 et 27 collaborateurs qui travaillaient sur le site, soit des personnes mises à la disposition par la Région, soit des contractuels.

 

Le dernier grand événement qui se déroulait à la Villa, Méditerranée du Futur, organisé par la Région a été l’occasion pour le ministre de l’Europe et des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, de tenir un discours important sur la Méditerranée.  Qu’en avez-vous pensé ?



B. V. : Oui ce fut, à mon avis, un discours marquant et ce pour trois raisons. La première, c’est qu’il a fait écho au message principal que portait cette manifestation de la Région : l’urgence d’un engament sur les questions environnementales en Méditerranée. Ce ne sont pas des paroles en l’air. La question est de savoir si un jour on traversera la Méditerranée à pied sur un sol sec parsemé de plastiques. Deuxièmement, c’est le soutien que l’Etat apporte à l’initiative Méditerranée du Futur. Il a même fait un certain nombre de recommandations. Il a par exemple suggéré l’organisation d’un forum à Marseille qui réunirait tous les acteurs sur les grandes questions méditerranéennes. Il a évoqué les thèmes de la coopération dans le maritime et le portuaire, dans le domaine urbain. Nous y sommes particulièrement sensibles à l’AVITEM car nous sommes un groupement d’intérêt public dans lequel il y a l’Etat et dans lequel il y a également les collectivités territoriales. Donc, nous sommes une espèce de trait d’union sur ces thématiques. Toute cette journée du 21, les idées mises sur la table, les échanges, les interventions des uns et des autres, ont constitué un un beau moment d’engagement collectif.

 

Que va devenir l’Avitem sans la Villa ?



B. V. L’AVITEM, l’Agence des Villes et Territoires Méditerranéens Durables, c’est autre chose. Une équipe de 15 personnes dont le métier est de travailler sur l’urbain, le territoire, à travers des projets européens. Nous allons devoir un peu corriger notre image. Nous avons été affectés, forcément, par des débats qui n’étaient pas les nôtres autour de la Villa Méditerranée. Progressivement on va rappeler les fondamentaux de cette agence et le travail qui s’y effectue, tout les comme les enjeux. On va évidemment poursuivre les projets dans lesquels nous sommes engagés. Nous avons ensuite l’ambition de construire à l’Avitem la fabrique de la ville méditerranéenne durable, en travaillant avec un collectif d’acteurs (des entreprises, des universitaires, des chercheurs, des responsables politiques) ici sur le territoire mais aussi l’Etat à travers le Commissariat à l‘égalité des territoires (ex-Datar qui dépend du Premier ministre) et l’Union pour la Méditerranée.



 

Justement, un accord avec l’Union pour la Méditerranée (UPM) a été annoncé durant Méditerranée du Futur. De quoi s’agit-il ?



B. V. : Au mois de mai dernier, il y a eu une conférence ministérielle au Caire sur le développement urbain durable. Naturellement la France était présente. A la fin de cette conférence ministérielle, ils ont décidé que le secrétariat permanent de l’UPM qui est à Barcelone créerait une plateforme pour précisément travailler sur le développement urbain durable en Méditerranée. Cette plateforme, elle, a été lancée le 9 novembre dernier à Bruxelles et les autorités  françaises, en l’occurrence le Commissariat à l’égalité des territoires et le Quai d’Orsay ont demandé officiellement au secrétaire général de l’UPM qui a accepté, que l’AVITEM « monte » sur cette plateforme. Et donc nous allons travaillé directement avec l’UPM sur ces questions. A cet égard, l’accord signé par Agnès Rampal, la présidente de l’AVITEM, est tout à fait bienvenu pour donner un cadre contractuel à cette coopération. Tout cela montre l’urgence à mettre l’accent sur ces questions urbaines. C’est l’avenir de la région méditerranéenne qui est en jeu. Ce sont ces territoires qui sont les principaux émetteurs de pollution. Et c’est là qu’il faut travailler aux solutions.



 

Entretien réalisé par Jean-François EYRAUD le 24 novembre 2017 pour Gomet'